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Ricardo Mosner



Il arrive à Ricardo
Mosner de dire: Quand j’étais à Buenos Aires, je me sentais très peu
argentin. En France, je le suis redevenu. Dans certains de ses
tableaux, le plan de Buenos Aires de superpose au plan de Paris. Les
trottoirs de Paris continuent ceux de Buenos Aires. L’univers entier
prend l’allure tango. Dans chaque rue,
la berceuse funèbre du bandonéon se fait entendre. Des flaques de
lune se balancent sur les hanches des filles. Tout est coupure et
couteau. Les femmes dansent comme des fauves. Chacun continue
à vivre verre à verre, peine à peine, tango à tango. Un chien
aboie, la gueule tendue vers la lune. L’espoir roule comme une boule
de billard. Marchent les filles « pavoisées », les filles en robes
de percale. Leurs yeux sont obscurs comme l’oubli…Pour Enrique
Santos Discépolo, le tango est une pensée triste qui se danse.
Dans les tableaux de Ricardo Mosner, on voit danser des pensées tristes.
Et, aussi, des pensées joyeuses, parfois, plus rarement peut-être.
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Corine Ferté



Série 12 x 24 poses,
2006-2007
Les peintures 2006-2007
de Corine Ferté partent de diapositives où la pause était un moment clé
de la photographie. La pose était la condition de la prise et donnait à
la photo une allure de cliché. Ces mises en scène étaient souvent une
quête des instants de bonheur, pour devenir des photos pérennes, que
l’on projetait en famille. Le cliché devient le sujet de sa peinture.
Par le choix des figures sans visage, chacun peut se reconnaître et se
substituer aux modèles. Cette série montre des tableaux qui dégagent à
la fois une idée de l’enfance, celle du bonheur, - choix des couleurs,
poses émouvantes - et aussi par l’aspect figé des modèles sans visages
une sensation d’inquiétude. |
Tony Soulié



« Tony Soulié n’est pas uniquement cet intrépide
et singulier globe-trotter, magicien réfléchi. Il est aussi un peintre qui aime,
à contrario, le secret de l’atelier. De chacune des escales de sa vie, de ses
séjours, il trempe son œuvre en perpétuelle progression. Il vit du mouvement, de
ces mouvements qui tanguent, qui roulent, qui le font se plier à l’envoutement
permanent d’une sublime recherche des forces contraires qui perpétuent
l’équilibre. C’est ce mouvement, souvent contradictoire, qui provoque, chez le
peintre, la forme toupie que l’on trouve dans tout son travail. Cette forme mère
qui lui vient encore de l’observation des cratères volcaniques, ou bien des
lointains souvenirs de l’Afrique, qui impose une autre cartographie, nouvelle,
celle d’un voyageur captif de ses propres exigences insatiables, frénétiques.
C’est cela qu’il retrace au fil de cette monographie ponctuant, d’une année à
l’autre, un parcours intense. »
Patrick-Gilles Persin |